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Tritrichomonas foetus

Tritrichomonas foetus est un parasite (protozoaire) bien connu chez la vache comme agent d'une maladie vénérienne : la trichomonose génitale bovine. Ce protozoaire, transmis lors de saillies naturelles, est ainsi responsable d'infertilité et d'avortements dans cette espèce. Depuis 1999 différentes publications désignent T. foetus comme agent responsable de diarrhée chez le chat. Le but de cet article est de faire le point sur ce protozoaire récemment étudié chez le chat.


A. Prévalence et facteurs de risque d'infection à T. foetus chez le chat

T. foetus est retrouvé dans le monde entier. Il est ainsi décrit aux Etats-Unis, en Europe (Angleterre, Italie, France, Suisse, Ecosse, Allemagne) et en Australie. Sa prévalence (fréquence à laquelle le parasite est isolé) varie de 0 à 31 % en fonction des pays, des moyens diagnostics utilisés et des chats considérés (âge des animaux, problèmes digestifs rapportés, origine des animaux). La transmission est essentiellement directe, par voix féco-orale.

L'âge est un facteur de risque : les jeunes individus sont plus sensibles à l'infection (environ 75 % des chats ont moins de 1 an lors du diagnostic), de même les chats de race semblent plus sensibles. En revanche, la proximité entre les chatteries et les élevages d'animaux de rente (bovins, porcs…), les voyages et les sorties n'ont pas été identifiés comme étant des facteurs de risque significatifs.

B. Signes cliniques

L'infection à T. foetus chez le chat est associée à des diarrhées chroniques ou récidivantes, les animaux jeunes, stressés ou immunodéprimés étant plus susceptibles de développer la maladie. L'animal présente une augmentation de la fréquence des défécations, du ténesme et des selles semi-formées à liquides contenant parfois du sang frais ou du mucus. Lorsque la diarrhée est sévère, l'anus devient érythémateux et douloureux. Dans certains cas, les chats peuvent développer de l'incontinence fécale, d'où des défécations dans des endroits inhabituels. Bien que la diarrhée puisse être persistante et grave, la plupart des chats affectés gardent un bon état général, un appétit normal et ne présentent pas d'amaigrissement significatif. La mise en place d'un traitement antibiotique peut entrainer une amélioration clinique transitoire (rechute dès l'arrêt du traitement). La diarrhée peut dans certains cas être aggravée à cause d'infections concomitantes par Cryptosporidium sp et Giardia sp notamment.

C. Diagnostic d'une infection à Tritrichomonas foetus

Trois examens peuvent être utilisés en routine pour mettre en évidence ce protozoaire (tableau 3 et encadré 1) :

L'observation directe au microscope
L'observation directe au microscope est une technique peu coûteuse mais peu sensible (14% de chats à infection spontanée sont dépistés avec cette technique). Les prélèvements sont effectués à l'aide d'un écouvillon stérile, inséré dans le rectum et frotté contre la muqueuse rectale. L'échantillon de fèces est ensuite mis sur une lame et dilué avec un peu de sérum physiologique et observé au microscope optique.

Mise en culture dans un milieu spécifique
Si l'examen direct au microscope est négatif, un échantillon de fèces peut être mis en culture dans un milieu spécifique développé en 1990 pour le diagnostic de la trichomonose bovine : « In PouchTM TF Feline ». C'est un milieu de culture liquide contenu dans une pochette plastique stérile.

La PCR
Le parasite peut également être recherché par PCR (détection du matériel génétique du parasite).

D. Traitement de la trichomonose féline et études en cours

T. fœtus ne répond pas à la plupart des traitements antimicrobiens, que le dosage soit respecté ou même augmenté. Le ronidazole est l'une des rares molécules efficaces sur la trichomonose féline. Cependant la seule spécialité disponible est destinée aux pigeons et n'est donc pas adaptée à l'espèce féline. L'utilisation de cette spécialité peut engendrer des effets secondaires neurologiques sévères. Le ronidazole n'est pas recommandé chez les chattes gestantes ou allaitantes et les très jeunes chatons (<12 semaines). En effet le ronidazole pourrait passer dans le lait et entrainer un risque de neurotoxicité chez les jeunes chatons.

Afin de combler le vide thérapeutique dans le traitement de la trichomonose féline et de répondre aux demandes croissantes de la part des éleveurs et des vétérinaires, l'Unité de pharmacotechnie de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort a développé une préparation galénique innovante, à base de ronidazole, adaptée au chat et spécialement conçue pour minimiser les effets secondaires. Afin de prouver l'efficacité du ronidazole dans le traitement de la trichomonose féline, et en particulier de la nouvelle formulation développée à l'EnvA, le premier essai clinique de grande envergure est actuellement mené par l'Institut de Recherche Clinique Animal (IRCA). L'essai clinique est mené par l'IRCA en collaboration avec l'Unité de Médecine de l'Elevage et du Sport (UMES) et le service de parasitologie de l'EnvA. Deux étudiantes en thèse vétérinaire réalisent actuellement ce travail et recherchent des éleveurs et des vétérinaires intéressés pour participer à ce travail. Les éleveurs félins de toute la France peuvent participer à cette étude, par l'intermédiaire de leur vétérinaire traitant, à qui il sera communiqué toutes les informations et le matériel nécessaires. Cette étude est gratuite et anonyme. Les personnes intéressées ou souhaitant davantage d'informations peuvent contacter l'investigateur principal de l'étude à l'adresse mail suivante : agrellet@vet-alfort.fr.

E. Gestion de la trichomonose en élevage

La gestion de la trichomonose en collectivité est une tache difficile face non seulement au nombre parfois important de chats présents sur un même site mais également par la présence de porteurs asymptomatiques recontaminant les autres individus de l'élevage.

Quelques recommandations peuvent aider à maitriser la circulation du parasite :

1) Identifier le statut de l'ensemble des individus.
Face à la présence de porteurs asymptomatiques, il semble nécessaire de tester l'ensemble des chats de manière à identifier ces individus.

2) Adapter le traitement
Le traitement devra être adapté en fonction des conditions sur le terrain. Si un isolement des individus cliniques et des porteurs asymptomatiques est possible, le traitement portera seulement sur ces individus. Dans les élevages où les principes de sectorisation et de marche en avant ne peuvent pas être respectés un traitement de l'ensemble des individus peut être alors recommandé.

3) Conseiller un changement régulier des litières
La durée de survie de T. foetus dans l'environnement est de moins d'une heure, bien qu'il puisse survivre plusieurs jours dans des selles humides. Cette faible durée de survie réside dans son incapacité à s'enkyster dans l'environnement. Le principal mode de contamination est donc féco-oral. Le renouvellement quotidien de l'ensemble des litières associé à un nettoyage/désinfection fréquent est donc recommandé de manière à limiter la recontamination des individus.

4) Isoler les individus sensibles ne pouvant pas être traités
Le traitement des jeunes chatons et des femelles gestantes ou allaitantes n'étant pas recommandé, ces individus seront isolés dans un local spécialement dédié (maternité).

Si les tests de dépistage pour ces individus se sont révélés négatifs, cette séparation limitera les risques de contamination. Dans le cas contraire (animaux infectés par T. foetus) cet isolement permettra d'attendre la fin de cette période où le traitement n'est pas réalisable puis de les traiter avant de les introduire de nouveaux avec les autres chats de l'élevage.

5) Réaliser une quarantaine
Lors de l'introduction d'un nouvel animal dans une chatterie, la réalisation d'une quarantaine de deux semaines est nécessaire. Un bilan sanitaire, incluant la recherche de T. foetus peut être proposé à cette occasion.

F. Conclusion

La trichomonose est actuellement une maladie encore peu recherchée. Une infection à T. foetus devra cependant être suspectée face à un jeune animal présenté pour diarrhée chronique ou récidivante sans atteinte de l'état général ne s'améliorant pas avec les traitements habituels des diarrhées du chaton. Différents examens permettant la mise en évidence de ce parasite peuvent être proposés. Les recherches actuelles visent à proposer un traitement plus facile d'administration avec une plus grande innocuité.


A.Grellet,
Unité de Médecine de l'Elevage et du Sport (UMES)
Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort
7 avenue du général de Gaulle
94 700 Maisons-Alfort
agrellet@vet-alfort.fr