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La péritonite infectieuse féline

La péritonite infectieuse féline est une affection qui a fait, fait et fera parler d’elle en élevage félin. A mi-chemin entre une affection virale et une maladie auto-immune, elle présente un mode de fonctionnement qui lui est tout à fait particulier.

Rappels – Généralités

En fait, lorsqu’on parle de PIF, le plus souvent, on devrait plutôt parler de coronavirus félins. Alors parlons de coronavirus félins…
Il est possible de classer cette famille de différentes manières. Nous avons choisi de vous la présenter ainsi :

• les coronavirus félins entéritiques (FCEV)

• les coronavirus responsables de la PIF (FPIV)

Les FPIV sont responsables de la PIF, la maladie. Alors que les coronavirus félins entéritiques provoquent des affections qui sont le plus souvent asymptomatiques.
La particularité des FPIV est qu’ils proviennent d’une mutation des FCEV. Une mutation est une « erreur » lors de la multiplication virale qui, dans le cas qui nous intéresse, rend le virus plus pathogène. Les FPIV acquièrent alors la capacité de se pénétrer au sein de certains types de globules blancs (appelés macrophages) et de retourner alors ces derniers contre l’organisme (composante auto-immune de la maladie).
 
Quelques chiffres :

On estime que 80 % des chats présentés en exposition sont séropositifs vis-à-vis du coronavirus (données UK). Ce chiffre montre que les coronavirus sont très fréquents au sein des collectivités félines et qu’il est très difficile de s’en affranchir.
Bien entendu et heureusement, tous ces chats ne déclencheront pas une PIF. Pour que la maladie survienne, il faut que la mutation ait lieu. Nous savons, aujourd’hui, que seuls 5 à 12 % de ces individus déclencheront une maladie.
« La sérologie « PIF » a tué plus de chats que la PIF elle-même. » Cette célèbre phrase de F. Scott montre bien qu’il ne faut pas trop attendre de la sérologie « PIF » (qui est en fait une sérologie coronavirus…). Un résultat positif à ce test prouve uniquement que le chat a eu un contact plus ou moins récent avec un coronavirus, et c’est tout !!! Ce test ne peut pas servir de pronostic, d’évaluation du risque d’apparition de la maladie etc.


Comment minimiser l’apparition de PIF clinique au sein de ma chatterie ?

Comme il est très difficile de s’affranchir des coronavirus, il faut la plupart du temps « vivre avec ». Le virus n’est pas dangereux par sa présence mais surtout pas sa circulation. Plus le virus circule, plus il risque de muter, plus il est dangereux. Donc, en pratique, il faut limiter la circulation du virus par des procédés d’hygiène générale de bon sens :

• limiter la surpopulation :

Si l’effectif est conséquent, il est préférable de séparer les individus en plusieurs groupes de 4 -5 individus. Limiter la surpopulation passe également par la gestion du « planning » de reproduction. En effet, avoir quatre femelles ou quatre femelles et seize chatons n’est pas du tout pareil en matière de gestion du risque.

• séparer les individus sensibles :

Même dans le cadre de l’élevage familial, une pièce destinée à la chatte et à des chatons doit être aménagée (dans le cadre de l’élevage familial, une chambre par exemple)

• isoler les individus malades :

En théorie, les individus atteints de PIF sont peu voire non excréteurs de coronavirus. Toutefois, des observations « terrain » d’épidémie de PIF au sein de diverses chatteries laissent encore le flou sur ce phénomène. Ainsi, il est préférable d’isoler les individus malades (pour rappel, l’infirmerie est une pièce légalement obligatoire en élevage félin).

• le principe de la marche en avant :

Ce principe d’hygiène universel devrait être appliqué, même au sein d’une chatterie familiale. On a l’habitude de convenir qu’il convient lors de ses déplacements de passer des secteurs sensibles (maternité, nurserie) aux secteurs potentiellement plus dangereux (adultes, infirmerie, quarantaine). Ce principe doit être adapté aux structures de la chatterie et respecté autant que faire ce peut.

Le sevrage précoce, qu’en est-il ?
Cette technique décrite par Addie a pour but de limiter la contamination des chatons avant leur départ de la chatterie. Elle se décompose en deux phases :

• isolement de la mère 15 jours avant la mise-bas

• sevrage et retrait définitif de la mère vers l’âge de 5 semaines

Théoriquement, les chatons issus de femelles infectés par le coronavirus sont protégés par les anticorps colostraux durant leurs 4 – 5 premières semaines de vie.
Cette technique montre alors tout son intérêt pour des chatons issus de mères séropositives vis-à-vis du coronavirus.
Cette pratique a été adopté par de nombreux éleveurs félins outre manche et outre atlantique et n’est pas encore adoptée fréquemment en France.
Lorsque l’on a des notions de comportement félin, on peut penser que cette technique est réellement dangereuse pour les chatons (contrôle des griffades, des morsures, hyperactivité…). Il est certain que cette pratique n’est pas à mettre dans toutes les mains. Elle nécessite une réelle substitution maternelle pour l’alimentation mais également dans les phases comportementales (arrêt des phases de jeu, épreuves de « soumission »…).
En pratique, quelques éleveurs français avec qui, j’ai discuté de cette pratique et qui l’ont pratiqué, m’ont signalé que cela nécessitait que :
• la portée comporte minimum 3 chatons,

• l’éleveur ait une réelle connaissance éthologique féline,

• et surtout du temps !!!

Certains auteurs laissent penser qu’il serait peut-être dangereux d’introduire ces chatons issus de sevrage précoce dans des effectifs contaminés en coronavirus, les risques de déclencher une PIF étant peut-être accrus. Toutefois, dans la majorité des cas, les éleveurs ayant adopté cette pratique en sont satisfaits.

G. CASSELEUX

Vétérinaire
Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport
Secteur Elevage Canin et Félin
gcasseleux@vet-alfort.fr

Pour en savoir plus :
www.catvirus.com (français, anglais…)
http://www.vetscite.org/issue1/reviews/txt_index_0800.htm (anglais)
http://www.veterinarypartner.com/Content.plx?P=SRC&S=1&SourceID=19 (anglais)

Recommendations from workhops of the second international feline coronavirus/feline infectious peritonitis symposium ; Addie, D.D ; Paltrienia, S. ; Pedersen, N.; Journal of Feline Medicine and Surgery, 2003, 6, 125 – 130