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Chatteries Françaises

 

Génétique

 

Le livre sur la génétique d'Alyse Brisson

"Le Chat de Race"

 

"La génétique féline"

 

 

     
     
     

 

 

Introduction à la génétique

La génétique est l’étude de la transmission des caractères des parents aux enfants. Ce sont les “ GENES ”, porté par les “ CHROMOSOMES ”, qui véhiculent les caractères “ HEREDITAIRES ”. Le découvreur de la génétique fut un moine autrichien, Grégor Mendel, à la fin du XVIII éme siècle. C’est lui qui détermina les grandes lois de la génétique.

Pour étudier les possibilités de descendance d’un individu donné, certaines choses sont indispensables à connaître.

Le PHENOTYPE : c’est ce que l’on voit (ex: un chat noir).

Le GENOTYPE : c’est l’ensemble des caractères héréditaires; la carte génétique du sujet (ex: un chat noir, porteur de bleu).

Un gène est dit DOMINANT, lorsque sa présence amenée par un seul parent suffit pour qu’il ait un effet sur le phénotype, il est alors symbolisé par une lettre majuscule.

Un gène est dit RECESSIF, lorsque les deux parents doivent l’apporter pour qu’il ait un effet visible, il est symbolisé par une lettre minuscule, dans ce cas, le génotype est en accord avec le phénotype, l’individu est pur (HOMOZYGOTE) pour ce gène, et le chat ne cache rien pour ce caractère.

Toutes les cellules d’un individu contiennent un nombre pair de chromosomes, la moitié étant apportée par le père, l’autre par la mère. Chez le chat il y a 19 paires de chromosomes; si les cellules sexuelles contenaient le même stock de gènes que les autres cellules, le nombre de ceux ci doublerait à chaque génération, pour éviter ce phénomène, les cellules sexuelles ne contiennent qu’un stock simple de chromosomes, il s’agit des spermatozoïdes et des ovules; La rencontre de deux cellules sexuelles redonne un individu à stock double de chromosomes.

Parents :
stock double de chromosomes


Cellules sexuelles :

stock simple de chromosomes

Enfants :
stock double de chromosomes

La détermination du sexe des chatons est faite par le père :le mâle possède 18 paires de chromosomes AUTOSOMIQUES, et une paire de chromosomes sexuels XY. C’est en donnant X ou Y que le mâle détermine le sexe des chattons ;la femelle possède 18 paires de chromosomes autosomiques, et une paire de chromosomes sexuels XX, elle ne peut donner qu’X :

Parents :
Femelle
Mâle
Cellules sexuelles :
Enfants :
Femelles
Mâles

Dans la plupart des études des gènes concernant la couleur du chat, le sexe, des parents comme des chatons, ne sera pas pris en compte. Seule l’étude d’un gène lié à X (le gène Orange, qui donne les chats roux ou écailles) devra tenir compte du sexe des sujets.

Un gène donné aura toujours la même fonction et la même place, sur le chromosome auquel il est attaché, cette place s’appelle le LOCUS. Au même locus se trouve un gène qui a une action précise, mais qui peut avoir plusieurs versions: ex: “ A+ ” présence de poils agoutis (poils clairs rayés de sombre), “ a ” tous les poils sont sombres. Le gène dominant de la série est symbolisé par une lettre majuscule, ses versions récessives par la même lettre, minuscule: ex: A+, a , le gène qui donne l’expression “sauvage”, qui permet souvent le meilleurs camouflage dans la nature, est accompagné d’un “ + ”:

Chromosome

ex : A+A+ homozygote

ou : A+a hétérozygote

ou : Homozygote.

Remarque : Lorsque le sujet exprime sur son phénotype l’action d’un gène dominant, on ne peut savoir s’il est “ homozygote ” (pur), pour ce gène, par contre s’il exprime l’action d’un gène récessif, on est sûr de l’homozygotie.

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Les couleurs de base

Comme nous l’avons vu précédemment, les caractères nommés gènes, et portés par les chromosomes, sont donnés par les deux parents aux enfants. Les couleurs noir, bleu, chocolat, cinnamon et fawn (ou faon), sont celles que nous étudierons aujourd’hui. Le noir et le bleu sont répandus dans presque toutes les races. Le chocolat et le lilac (ou lavander) ont d’abord été sélectionnés chez le siamois et l’oriental, ces deux couleurs se retrouvent maintenant chez le Birman, le Burmese, et le Persan. Le cinnamon et le fawn ont été amenés par l’Abyssin et le Somali, mais il a été introduit chez le siamois et l’oriental lors de la sélection des orientaux tiquetés.

Les gènes dirigeant ces couleurs sont les suivants :

B+ : noir
b : chocolat
bl : cinnamon

 

Ce sont les couleurs de base, qui vont s’exprimer de façon intense ou pastel (diluée) selon qu’elles seront accompagnées de “ D+ ” intense ou “ d ” diluée.

les gènes des deux séries alléliques ci-dessus sont placés par ordre décroissant de dominance: B+, b, bl et D+, d. Ils ne sont pas liés au sexe, le sexe des parents ou des chatons n’aura donc aucune importance lors des croisements :

B+-D+- : noir
 
B+-dd : bleu (ou blue)
b- D+- : chocolat
 
b- dd : lilas (ou lilac, ou lavande)
blblbD+- : cinnamon
 
blbldd : fawn (ou faon)

 

 

(le tiret à côté du gène connu remplace le second gène de la paire, quand, pour ce gène, le sujet peut être hétérozygote).

B+ est dominant par rapport à b, un seul des parents l’apportant permet au chaton de l’exprimer, b est récessif par rapport à B+, pour être chocolat, le chaton doit recevoir b de l’un de ses parents, et soit b soit bl de l’autre, pour qu’un chaton soit cinnamon, ses deux parents doivent lui donner bl.

La couleur s’exprimera de façon intense si au moins l’un des parents apporte D+, pour obtenir une couleur diluée, il faudra que les deux parents donnent d au chaton.

Comme les gènes vont toujours par deux, et que la présence d’un seul gène dominant suffit à son expression sur le phénotype (l’apparence) du chaton, nous devrons mettre un “ - ” à côté du gène donnant ce caractère, si l’on a aucune précision quant au second, dès que cette précision est apportée, le tiret est remplacé par le gène découvert. Pour déterminer rapidement si un sujet est homozygote ou hétérozygote (pur ou impur) pour un gène donné, il faudra le croiser avec un partenaire exprimant le gène le plus récessif de sa série. Ainsi un chat noir pourra être marié à un bleu pour savoir s’il est ou non porteur de dilution.

exemple 1
Mariage d’un noir pur et d’un bleu ne cachant pas le chocolat ou le cinnamon :
le noir est B+B+D+D+, le bleu est B+B+dd; les cellules sexuelles ne portent que la moitié du stock chromosomique, les gamètes du chat noir seront donc “ B+D+ ”, et celles du bleu “ B+d ”. Le croisement donnera les résultats que nous lirons dans le schéma appelé “ Carré de Punnet ”, aux intersections des lignes verticales et horizontales :

 

Le résultat est un noir porteur de bleu (cas où l’on connaît l’hétérozygotie du sujet), aucun chaton n’est bleu, ce qui montre l’homozygotie du parent pour D. Le croisement devra être fait plusieurs fois, car une seule portée ne donnera pas suffisamment de chatons. (Si le parent est hétérozygote, et qu’un chaton bleu naît à la première portée, cela prouve immédiatement l’hétérozygotie du parent d’apparence dominante).

exemple 2
Mariage d’un noir porteur de bleu et d’un bleu, aucun ne portant le chocolat ou le cinnamon:
soit B+B+D+d (pour le noir porteur de bleu) et B+B+dd (bleu) le bleu a une seule sorte de gamète: B+d, alors que le noir porteur de bleu en a deux: B+D+ et B+d, ce qui donne le tableau suivant :

soit la moitié de chatons noirs, et l’autre de chatons bleus, il est possible que ce résultat n’apparaisse qu’au bout de plusieurs portées.

Le croisement de deux bleus ne donnera que des bleus s’ils sont homozygotes (purs) pour B+, mais pourra donner des bleus et des lilas, s’ils sont porteurs de “ b ”, dans ce cas, le tableau ne considère que B, puisque les deux parents sont “ dilués ”, et ne donnent que “ d ”, soit :

Ce qui donne bien 3 bleus pour un lilac

On peut aussi avoir le croisement de deux noirs, porteurs de chocolat et de dilution, chaque parent aura 4 sortes de gamètes: B+D+, B+d, bD+, bd, à vous de faire le tableau correspondant :

Soit la possibilité d’avoir du noir (9 chances sur 16), du bleu (3 chances sur 16), du chocolat (3 chances sur 16) et du lilas (1 chance sur 16).

exemple 3
Un éleveur achète un mâle noir, pour le croiser avec ses femelles bleues ou lilas. Sur 10 chatons, il obtient 9 noirs et un lilas.

Que peut-on en déduire ?

Au départ le noir s’écrit : B+-D+-.Le croisement indique qu’il est porteur de chocolat et de dilution, puisqu’il a donné un chaton lilas. Sa formule devient donc: B+-D+d, on ne sait pas s’il est ou non porteur de cinnamon. Sa race peut donner une indication, car le cinnamon ne se trouve pratiquement pas dans d’autres races que les Orientaux et les Abyssins et Somalis.

Pourquoi croiser les "intense " entre eux, et les "pastel" entre eux ?

En élevage, on recherche des couleurs foncées les plus intenses possibles, et des couleurs claires les plus pastels.

Les couleurs sont déterminées par des gènes majeurs (dominant ou récessifs), connus, et assez facile à sélectionner, mais leur intensité est au contraire, due a des polygènes, qui n'agissent que s'ils sont ajoutés.

Ainsi, pour obtenir un noir intense, faut-il ajouter le plus de polygènes "+", alors qu'il en faudra le moins possible pour avoir une couleur pastel. À force de sélectionner des couleurs foncées, par exemple, on obtient un chat avec beaucoup de polygènes "+", ainsi un maximum de ces polygènes passeront - ils à la descendance, de même, la sélection des couleurs claires, élimine t - elle le maximum de ces polygènes.

Étant donné que l'on travaille alors sur des polygènes, il se peut que de "bons" mariages aboutissent tout de même à la naissance de chatons trop "chauds" en couleur, ou au contraire délavés.

En conclusion : Il est préférable de marier entre eux les Noirs, Roux et Ecaille, d'une part, et les Bleus, Crèmes et Bleu Crème d'autre part. (Qu'ils soient tabby ou non, bi ou tricolores ou non).

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Tabby ou non tabby et quel tabby ?

Comme nous l’avons déjà vu, notre chat peut être basiquement noir, bleu, chocolat, lilas, voir cinnamon ou faon, (et même roux ou crème, mais nous traiterons ces couleurs plus tard), mais sera-t-il tabby ou non ?

Deux gènes sont responsables de la présence ou non de poils clairs barrés de sombre, dits “ agouti ”.

A+ présence de poils agouti (le chat est tabby, ou tipped en présence de Wb).

chats persans – chat persan

Tous les poils sont sombres (chat «self»).

chats persans – chat persan

En fait il existe des poils réellement unis (ceux qui formaient le dessin tabby), et d’autres sombres, barrés de plus foncé, ce qui donne l’apparence d’un chat uni, mais permet la persistance d’un “fantôme” visible dans certaines circonstances, telle l’enfance, l’exposition à un fort soleil, ou révélé par le gène argent ou le roux.

Un chat réellement tabby a, au moins, un parent tabby, et présente presque toujours du blanc au-dessus des babines, et au menton. Un chat roux dont le menton et le tour du nez sont roux est “ Self ”, c’est-à-dire uni, même s’il a un fantôme accentué. Un tabby paraît plus clair qu’un uni, et a souvent le bord de l’oreille blanc, la couleur ne rentrant pas dans l’oreille.

Il y a trois possibilités d’associer ces deux gènes:

A+A+ tabby homozygote, il ne donnera que des tabby.
A+a tabby hétérozygote, s’il est marié à un uni, il pourra donner un chaton uni sur deux, avec un hétérozygote comme lui, un sur quatre.
aa non tabby (ou self), il ne peut donner que des non tabby avec un non tabby, et permet la mise en évidence de l’hétérozygotie d’un tabby qui l’est.

Nous savons maintenant si notre chaton sera tabby ou non, mais quel tabby exprimera t il ?

la série “ T ” des tabby comporte 3 allèles, classés par ordre décroissant de dominance, et qui vont indiquer la quantité de poils unis par rapport aux poils agouti, et le dessin qu’ils vont faire sur le fond de la robe.

Ta tiqueté, la presque totalité des poils est agouti, il reste une bande de poils unis sur l’échine (c’est le pelage typique de l’abyssin).

T+ mackerel ou tigré, donne aussi le spotted ou moucheté, sous l’effet de gènes modificateurs, il y a environ autant de poils agouti que d’unis.

tb blotched, classic ou marbré, les motifs de poils unis, formant de gros dessins sur les flancs, prennent plus de place que les poils agouti.

Ces gènes se combinent de 6 manières différentes:

TaTa tiqueté pur (homozygote), il ne donnera que des tiquetés quel que soit son partenaire.

TaT+ tiqueté porteur de tigré, pouvant donner des tigrés (ou des mouchetés) si son partenaire le lui permet.

Tatb tiqueté, porteur de marbré, peut donner des marbrés avec un partenaire portant tb, ou des Tigrés (ou mouchetés), avec un partenaire portant T+.

T+T+ tigré ou moucheté pur, ne donnant que ce gène à ses descendants.

T+tb tigré porteur de marbré, pourra donner des marbrés avec un partenaire adéquat.

tbtb marbré, obligatoirement homozygote, et ne donnant que tb à ses descendants.

Il existe un gène qui modifie l’expression du tabby. Ce gène, Wb, a pour effet de faire disparaître le dessin déterminé par T. Progressivement le pigment colorant (noir, bleu, roux, etc.) est repoussé au bout des poils. Les barres ou ticking, deviennent un tipping plus ou moins long selon les polygènes en présence, et donne les Chinchilla, Silver Shaded ou Caméo, que l’on trouve surtout dans les races Persane, British, et éventuellement Orientale. wb+ n’a pas d’effet, et laisse T s’exprimer normalement.

exemple 1
Un éleveur marie son Persan Brown Mackerel Tabby à une femelle noire. Il a trois chatons, un noir, et deux Brown Blotched Tabby. Que peut-on en déduire ?

Un chat tigré est génétiquement A+-T+-. On sait qu’il a eu un chaton noir donc qu’il est porteur de a, et des marbrés, donc il est porteur de tb. Son génotype se complète donc de la façon suivante: A+a T+tb. La femelle noire lui a permis d’exprimer le non tabby, et il est probable qu’elle cache un marbré, qui a permis au mâle d’exprimer ce gène caché.

Nous voici au bout des tabby, que de choses à considérer. À vos crayons, et Bon Courage !

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Singularités du Géne Orange chez le chat

Introduction

Le gène orange responsable de la couleur rousse du chat est bien singulier. Présent chez le chat domestique, il ne semble pas avoir d’équivalent chez les autres félins (il est possible qu’il existe cependant des jaguarondis "roux" mais aucune preuve n’en a été apportée), chez le chien, le lapin, le cheval.

La couleur rousse et sa dilution crème s’expriment aussi bien sur des robes "unies" que "tabby" (abyssin = ticked, tigré = mackerel, moucheté = spotted, marbré = blotched, tipped).

Dans le cas de la robe "écaille" les poils roux et autres que roux sont mélangés.

Les pigments mélaniques responsables des diverses couleurs sont au nombre de deux ; l’eumélanine (poil noir, chocolat, brun léger = cinnamon) et la phaeomélanine (base jaune des poils unis, inter ticking des poils agoutis).

La nature du pigment de coloration des poils roux reste une question posée. Considérée comme de la phaeomélanine jusqu’à présent, les réactions du gène Orange sont étonnantes.

 

Orange : allèle lié au sexe

Le gène Orange (O) responsable de la couleur rousse chez le chat est porté par le gonosome X et noté « XO ». Les deux allèles o et o+ sont codominants, l’allèle O+ déterminant l’apparition de couleurs autres que l’orange est considérée comme l’allèle sauvage.

Le mâle peut être
soit XOY:
roux
 
soit XO+Y:
non roux
   
La femelle peut être
soit XOXO:
rousse
 
soit XO+XO+:
non rousse
 
soit XOXO+:
écaille

 

Les chattes possédant ce dernier génotype sont appelées Ecaille de Tortue ou Ecaille ou Tortie.

Il existe quelques mâles de couleur "écaille", souvent stériles. Cependant, en Angleterre, un mâle siamois "tortie point" (siamois à extrémités de type écaille) reproduit, ne transmettant comme gonosome à sa descendance que le chromosome XO+ ou le chromosome Y. L’établissement de son caryotype a montré l’existence d’un état chimérique XX/XY (Hanson 1988).

Un autre cas d’anomalie gonosomique révélée par l’allèle « O » lié au sexe est celui du croisement d’une burmese zibeline (génétiquement noire XO+XO+) et d’un mâle crème (dilution du roux XOY), à l’origine d’une femelle crème. Cette dernière aurait dû présenter une robe de type écaille (ou diluée en bleu crème); l’explication a été donnée par son caryotype ne montrant qu’un seul gonosome X, celui de son père (XO).

Pendant longtemps, la nature du pigment correspondant à cette couleur rousse a été attribuée à la phaeomélanine. En réalité, l'allèle Orange se comporte comme une eumélanine.

Ainsi, un chat fumé noir est porteur des allèles I et XO+ (base du poil argenté et bout noir). Un chat fumé roux (base du poil argenté et bout roux) est porteur des allèles I et XO, la phaeomélanine est supprimée et il reste une coloration dense orange! L’eumélanine reste intensément colorée en noir (ou marron ou brun clair) si l'allèle XO+ est présent, en présence de l'allèle XO, l’extrémité est rousse. Comment se fait-il, si la couleur rousse est phaeomélanique, que le "red Smoke" reste pigmenté ? (comme tous les chats présentant dans leur génotype I et XO) ? Les poils devraient apparaître uniformément argentés, comme le sont ceux, par exemple du labrador "Fauve Ivoire",qui porte « cch », gène correspondant, chez le chien, au « I » du chat (dilution voire suppression de la phaeomélanine).

 

Le fantôme des chats roux

Deux Pigments : l’eumélanine et la phaeomélanine sont responsables de la coloration du pelage, leur répartition sur un même poil permet de distinguer des poils "unis", des poils dits "agoutis, (présentant alternativement des bandes claires phaeomélaniques et des bandes foncées eumélaniques), et des poils dits agoutis transformés" pour lesquels existe une alternance de bandes eumélaniques et de bandes qui correspondraient à un mélange d’eumélanine et de phaeomélanine (schéma). En effet, sous l’action d’allèle I, ces dernières s’éclaircissent pour devenir "argentée foncées". Au contraire, la bande phaeomélanique d’un poil agouti devient blanc argenté lors de la présence d’allèle « I ».

Les chats "tabby" possèdent des poils "unis" (eumélanique) au niveau des marques sombres et des poils "agoutis" (alternance de bandes eumélaniques et de bandes phaeomélaniques) sur le reste du corps.

Les chats "unis" présentent des poils "unis" et des poils "agoutis transformés". Ces derniers apparaissent légèrement plus clairs que les poils unis, permettant de percevoir un "fantôme" : expression du patron d’origine de la robe (série T). Les marques sombres correspondant aux patrons tigré ou marbré ou ... ressortent sur le fond légèrement moins intense. Ce "fantôme" est visible chez certains chatons, peut être perçu chez des adultes exposés au soleil et ressort chez les jeunes chats "smoke" (unis possédant l'allèle I).

Chez le chat roux uni, sont présents : des poils "unis" roux foncé, et des poils "agoutis transformés" apparaissant roux clair et présentant alternativement des bandes roux foncé et roux plus clair.

Le fantôme ressort très fortement chez les "unis roux" aussi l’oeil humain ne perçoit que difficilement la différence entre un chat roux uni et un roux tabby. Il existe cependant quelques caractéristiques permettant de distinguer les chats roux génétiquement tabby, des roux unis à apparence tabby : le menton est clair, presque blanc chez le vrai tabby alors que celui de l’uni est bien coloré ; de plus la couleur rentre sur la face interne de l’oreille chez l’uni roux, alors que le bord de l’oreille reste blanc chez le tabby.

 

 

Les écailles

La presque totalité des écailles (poils roux et non roux mélangés) est formée de femelles. Ainsi pour l'allèle orange, c’est la femelle qui donne la couleur orange aux mâles, par contre pour les femelles, les deux parents sont à considérer.

Dans le cas d’un accouplement entre une femelle rousse (XOXO) et un mâle non roux (XO+Y), la femelle donne l'allèle orange à tous ses fils qui seront roux. Les filles obtenues présenteront une couleur écaille (allèle XO de la mère et allèle XO+ du père).

Dans le cas d’un accouplement entre une femelle écaille (XOXO+) et un mâle roux (XOY), les chatons mâles seront roux ou d’une autre couleur, les filles seront rousses ou écaille.

Dans le cas d’un accouplement entre une femelle écaille (XOXO+) et d’un mâle non roux, les chatons mâles seront roux ou d’une autre couleur, les filles seront non rousses ou écailles.

Dans le cas d’un accouplement entre une femelle non rousse (XO+XO+) et d’un mâle roux, les chatons mâles seront non roux (allèle XO+ de la mère), et les femelles seront écailles (allèle XO+ de la mère, allèle XO du père).

 

Couleurs dérivées

La terminologie Ecaille recouvre une robe où des poils roux clair (agoutis transformés), roux foncé (véritablement unis) et noirs sont intimement mélangés. Si l'allèle de la série B est « b », on parlera d’écaille chocolat, si c’est « bl », il s’agira d’écaille cinnamon.

La série D agit de la même façon sur « O », qu’elle agit sur la série B : le roux est transformé en crème, l’écaille en bleu crème ou faon crème selon l'allèle de la série B présent.

Lorsque l'allèle S (taches blanches) agit, les poils fortement mélangés de l’écaille vont former des taches rousses d’une part, noires d’autre part, d’autant plus distinctes chez l’écaille et blanc que la panachure est étendue.

Dans le monde animal, on trouve des lapins " écailles" mâles ou femelles et dans ce cas, il s’agit d’un mélange de "mèches" phaeomélaniques et de "mèches" eumélaniques

 

Les mâles écailles

Comme relaté plus haut, un mâle tortie point a reproduit en Angleterre à la fin des année 80.

J’ai eu aussi connaissance d’un Birman Bleu Crème Point, qui reproduisait comme un Crème Point, en Suisse.

Un mâle American Curl écaille aurait reproduit, il existe actuellement un mâle Maine Coon Torbie, mais pour l’instant, il n’a pas reproduit.

Un mâle Sphinx écaille a reproduit lui aussi, sur la côte Atlantique.

Plus curieux, en Belgique, un mâle crème a donné au moins trois mâles écailles, avec trois femelles Noires ou Bleues différentes. Pour lui, on peut émettre l’hypothèse d’un crossing over, ayant mis le gène Orange sur un chromosome Y. Malheureusement, il ne m’a pas été possible de suivre les matous écailles nés de ces mariages, et encore moins de savoir s’ils ont eu ou non, une descendance !

Un petit mâle tricolore vient de naître dans le Sud de la France en Provence (Var) :
Sera t il fertile ou non ? Seul le futur nous le dira. Mais il sera déjà possible d’avoir une idée de la chose, en faisant déterminer son caryotype.



Cobby-Cat & Cobby-Kitten Cattery


Plusieurs cas de figures peuvent se présenter :
Si le caryotype est anormal : XOXO+Y par exemple le mâle sera stérile. Mais dans certains cas, le caryotype ne révélera rien, il est normal ! Alors il faudra attendre pour savoir s’il est ou non fertile !

 

Conclusion

Parmi les gènes responsables de la couleur, le gène orange a la particularité unique dans le monde des mammifères d’être porté par le chromosome X, ce qui oblige à considérer le sexe des parents comme celui des descendants quand il s’agit de déterminer la couleur de ces derniers.

Il se singularise également en se comportant comme une eumélanine, contrairement à ce qui se produit pour les chiens fauves ou les chevaux alezans.

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Observations sur la robe des grands félins

Les lions

L’observation des lions blancs montre qu’ils conservent une légère coloration de la robe. Il semble qu’ils soient différents du lion commun de la même façon que le labrador sable l’est du labrador fauve. C’est-à-dire que la formation du pigment jaune est empêchée par un gène qui s’exprime s’il est donné par les deux parents au lionceau.

Ainsi, le mariage de deux lions clairs ne donnera que des lionceaux clairs.
Si l’un des lions est clair, et l’autre fauve ne portant pas le gène des lions clairs, tous les lionceaux seront fauves. Ils pourront avoir des descendants clairs si on les remarie à des lions clairs (un sur deux) ou fauves porteurs de clair (un sur quatre).
Le mariage de deux lions dont l’un au moins est fauve, et ne porte pas le gène clair, ne donnera aucun lion clair.

Le gène qui donne les lions clairs semble le même qui donne les chats argentés (smoke ou silver). Il a pour effet de limiter la production de phaeomélanine, le pigment jaune.

Contrairement au gène argent des chats domestiques, qui est dominant, celui des lions est récessif.

Chez le chat il suffit que l’un des parents donne le gène pour avoir des chatons argents. Chez le lion, les DEUX parents doivent donner le gène pour que naisse un lionceau dit blanc.

 

Les tigres

Les tigres dit blancs présentent une robe blanche marquée de raies brunes, plus foncées l’été que l’hiver. Ils ont les yeux bleus et les téguments (coussinets plantaires et truffe) dépigmentés.

Chez le chat et l’homme, il existe des individus qui présentent le même manque de pigmentation. Ils sont partiellement albinos. Les deux pigments qui les colorent (robe et tégument des tigres et des chats, cheveux des humains, yeux de tous), sont absents ou s’expriment de façon atténuée.

Pour le tigre, le pigment jaune est absent, et le pigment noir s’exprime de façon atténuée au niveau des rayures, alors qu’il est absent des coussinets plantaires et de la truffe, et les yeux sont bleus.

Le mariage de deux tigres dit blancs ne donnera que des tigres clairs.

Celui d’un tigre fauve et d’un tigre dits blanc donnera uniquement des tigres fauves si le tigre fauve ne porte pas le gène clair, un sur deux si le parent fauve porte le gène clair. TOUS les jeunes pourront redonner des tigres dits blancs s’ils sont remariés à des tigres clairs ou fauve porteur du gène des tigres clairs.

Chez le chat, le gène « ca » de l’albinos aux yeux bleus est peut répandu.

 

Les panthères et jaguars

Les panthères noires et les jaguars mélaniques ont en commun une robe noire, qui, au soleil, présente un fantôme accentué de la robe à rosettes des sujets non noirs. La robe naturelle a un fond jaune avec des dessins noirs. Chez les animaux noirs, le fond de la robe est envahi par le pigment noir qui tend à effacer les marques, de la même façon que chez le chat noir. Pour obtenir uniquement des sujets noirs, il suffit de marier des partenaires noirs entre eux.

Le gène est identique à celui des chats « non tabby ».

Conclusion

Les particularités retrouvées ponctuellement chez les félins sauvages sont cumulées chez le chat domestique. Cela n’a rien d’étonnant car le chat est un animal chez qui le camouflage n’a pas une importance majeure. De plus, l’homme a tôt fait de sélectionner les particularités qui dans la nature disparaissent rapidement.

Alyse Brisson
Auteur "De quelle couleur seront les chatons" 1990
et "Le chat de race" 2004
Les abyssins d’Alyse Pagerie
Email : alysepagerie@wanadoo.fr

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Parallèle entre la génétique de la robe du chat
et celle de certains grands félins :

Les lions

La grande majorité des lions est composée d’individus fauves. Pourtant, dans le Parc du Timbavati, en Afrique du Sud, on découvrait, en 1975, des lions blancs. Ces sujets furent gardés au zoo de Pretoria, afin de les préserver, leur couleur ne leur laissant aucune chance de survie dans la nature. Ces animaux semblent blancs et leurs yeux sont ambre pâle,

Leur observation montre qu’il subsiste une légère coloration crème, avec le bout des oreilles sable. Il semble donc que le gène en action soit celui, dominant chez le chat, qui donne les argentés (silver ou smoke).

En 1990, naissaient au Parc Zoologique de St Martin la Plaine, dans la Loire, deux lionceaux blancs. L’un de ces lionceaux a survécu, et les soigneurs ont eu la surprise de voir ses yeux, bleu foncé, devenir ambres, et … la couleur envahir le corps, en commençant par les extrémités. Tout comme se colorent les chats à patron siamois. La différence réside dans le fait de la couleur des yeux qui restent bleus chez le chat. Le corps du chat reste longtemps très pâle, celui du lion se colore rapidement.

Ainsi donc, il semble que chez le lion on trouve deux gènes concernant la répartition de la couleur :

C+ coloration normale
cs colourpoint avec une expression différente chez le félin sauvage, les yeux comme
le corps se colorant normalement, et assez rapidement.

De même, il semble qu’il y ait un gène similaire au gène argent du chat domestique, chez le lion.
Chez le chat, I, le gène qui empêche la synthèse de la phaeomélanine est dominant, chez le lion, le gène est récessif. Il faut que les DEUX parents donnent le gène pour obtenir un lionceau « blanc ».

 

Les panthéres et jaguars

Les unes, appelées aussi Léopards, et vivant en Asie et en Afrique, comme les autres, vivant en Amérique, ont peu de différences de robes. Les jaguars présentent des tâches noires au centre des rosettes, ce qui n’est pas le cas des panthères ou léopards.

Chez ces deux espèces voisines, il existe des sujets noirs, parfois appelés « mélaniques » pour les jaguars, mais présentant, au soleil, un « fantôme » des marques effacées. De la même façon, que les chats unis présentent parfois, surtout dans l’enfance, un fantôme du tabby caché.

On peut valablement penser qu’il existe chez ces félins, comme chez le chat :
A+ donnant un pelage tacheté
a qui efface le dessin.

 

Les guépards

Le guépard le plus connu est le guépard tacheté, dont la robe est fauve, parsemée de tâches noires arrondies, plus ou moins grandes.

Il existe des guépards dits « royaux », dont la particularité réside dans la taille et la disposition des marques qui forment de gros dessins noirs sur les flancs, et des bandes longitudinales sur le dos.

Nous sommes en présence d’un phénomène voisin sinon identique à celui qui fait d’un chat moucheté ou tigré, un chat marbré.

Les deux phénomènes sont récessifs, il faut que les deux parents donnent le gène pour qu’il y ait ce dessin. Ils ont pour effet une présence de pigment noir (eumélanine) plus abondante que normalement, avec une localisation de ce pigment en grandes marques sur les flancs et en bandes dorsales larges.

On peut assimiler cette version de la robe du guépard aux gènes suivant de la robe du chat :

T+ robe normale, tachetée
tb robe « royale » (marbrée)

 

Les tigres

Le tigre est généralement fauve rayé de noir, or il existe des tigres dont la robe est blanche, les yeux bleu clair, et des rayures sombres sur la tête, brunes sur le corps. Plus rares, il y a même des tigres entièrement blanc, aux yeux bleus.

Je retiens pour les tigres l’hypothèse suivante :

C+ robe normale
cs robe blanche, yeux bleus, rayures plus sombres sur la tête que sur le corps.
ca robe entièrement blanche, yeux bleus.

 

Conclusion

D’autres espèces de félins sauvages présentent une variabilité plus ou moins importante de la robe. Peu arrivent à celle du chat, qui, grâce à sa domestication a pu extérioriser un grand nombre de mutations, éventuellement sélectionnées et entretenues par l’homme.

Références :

Les lions blancs du Timbavati. Chris Mc Bride, Ed. R Laffont
Sciences et nature. Janvier 1991
When Cheetahs Are Kings, by Donald Lindbuerg. PH.D.LIOC.
De quelle couleur seront mes chatons. A.Brisson. ED PT Vétérinaire.

Alyse Brisson
Auteur "De quelle couleur seront les chatons" 1990
et "Le chat de race" 2004
Les abyssins d’Alyse Pagerie
Email : alysepagerie@wanadoo.fr

 

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